L'histoire de ZORBA le Grecque...

Le spartathlon ne se court pas… il se vit....

Without patience, you will never conquer endurance(*). Yiannis Kouros

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Le weekend du 28-29 septembre s’est couru la 36e édition du Spartathlon, l’une des courses les plus difficiles du monde, traversant les vignobles et les oliveraies, des collines escarpées et l’ascension en pleine nuit d’un col culminant à 1.200 mètres d’altitude. Une épreuve d’ultra marathon de 246,7 km 3100 de d+« non stop » se disputant chaque année en Grèce fin Septembre.Le parcours de l'épreuve emprunte la route suivie par le légendaire messager Philippidès, qui, selon Hérodote, courut de Sparte à Athènes en 490 avant JC.

Philippidès, coureur d'élite de l'armée grecque, avait été dépêché à Sparte par le général Miltiade pour chercher de l'aide alors que l'armée perse menaçait Athènes. Il était arrivé à Sparte `un jour après' son départ, raconte Hérodote.

Cette aventure se passe de mot. Nous traversons des émotions qui apportent une richesse intérieure inestimable. Elle nous traverse ou transcende. C’est une course hors norme qui nous transporte hors du temps. L’organisation sans faille avec la présence des meilleurs coureurs de la discipline d'ultra fond tout confondu si humble soit il est impressionnant… le but est seulement de toucher le pied de la statue de Léonidas depuis l’Acropole d’Athènes. S’il y parvient, et quel que soit son classement, il recevra alors pour seul récompense une couronne d’olivier et une coupe d’eau fraîche. Le Spartathlon est une course à part, baignant dans l’esprit originel de l’olympisme.

Le Spartathlon emprunte le parcours qu'a suivi Philippidès en 490 avant JC en partant d'Athènes afin d'aller chercher de l'aide à Sparte pour combattre les Perses.

Il aurait parcouru à pied la distance d'environ 250 kilomètres en partant le matin pour arriver à Sparte le lendemain au soir, d'où le délai de 36 heures de la course.

Cette version d'Hérodote ("Et d'abord, avant qu'ils eurent quitté la ville, les généraux envoyèrent à Sparte un messager, ce Phidippidès, Athénien de naissance, et coureur aguerri par profession..." Livre VI -Erato-, 106, 1ère guerre médique), serait historiquement plus vraisemblable que la version plus populaire de Pline l'Ancien relatant Philippidès courant de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire des Grecs sur les Perses (à l'origine de l'épreuve du marathon).

En 1982, John Foden, officier britannique de la Royal Air Force, coureur d'ultra et passionné par la Grèce antique a voulu vérifier sur le terrain s'il était vraiment possible de relier Athènes à Sparte à pied en moins de un jour et demi.

En Octobre 1982, après avoir suivi la route vraisemblablement suivie par Philippidès en 490 avant JC, il parvint accompagné de 4 amis à rallier Sparte en 36 heures environ. La démonstration était faite.

Aujourd’hui D'athénes à nestani ou encore les raffineries de elefsina ou les décors sont loin du chemin antique de phillipides ou cette espace rongé et dévoré par l'homme me donne une sensation étrange que l'homme n'a plus de pitié pour la terre qui la nourrit ou les habitations prennent le pas sur les rochés, les incendie ayant ravagé cette été les rivages de la mer mais nous soldats des temps modernes allons découvrir après corinthe des paysages magnifique , des vignes , des espaces encore dessiné comme à l'époque par les oliviers et les collines qui se dessinent en filant vers le sud un trajet reconstitué d'après le texte d'Hérodote qui nous mènera à sparta. Nous sommes les derniers chasseurs de l'acte inutile et généreux 387 coureurs 45 nations et des kilomètres 247 dans cette vidéo du spartathlon. Et j’en serai.

Voila l’histoire étant posé, je suis Sélectionné en juin, lors du tirage après la sélection des minima -20% , je suis fixé je serai au spartathlon 2018.

J’en rêvais depuis 2012 et je l’ai mon ticket d’or de charly et la chocolaterie.

Cela est passé par les années 2016 et 2017 de non sélection mais j’ai continué à courir et m’entrainer pour se moment si désiré.

Ma préparation a commencé en janvier, j’ai ensuite établi une progression sur 3 mois et une phase spécifique de juin à aout 2018.

Tout cela pour venir à bout des barrières horaires de cette fameuse course dite le graal de l’ultra running. Après 1200 km de spécifique et 3200 km depuis janvier au total, j’aborde ce spartathlon serein mais limite car les derniers ont été difficile professionnellement et usant psychiquement.

Je fais avec et part pour Athènes la tête dans mon projet et laisse les soucis en France.

Le lundi, j’arrive chez gille et Françoise à bordeaux qui m’héberge généreusement cette nuit avant le départ. Je fais un passage le lundi après-midi voire bob Miorin qui me prodiguera certain conseil que je ne négligerai pas pendant la course.

Nous passerons la soirée de lundi soir à discuter avec la famille Pallaruello autour de pizza, bière et des trophées de la famille sur des courses mythique et les anecdotes vont bon train. Je suis à l’écoute et impressionné par le palmarès mais gilles et Françoise sont très humble et renversant par leur gentillesse.

Nous arrivons à Mérignac 10h du mat, nous passons la sécurité et là a 10’ de l’embarquement, je dois me soumettre à un contrôle aléatoire SSS. LA TOTAL : explosif, vidage des sac et présence de mon couteau de l’étoile savoyarde dans ma sacoche. En 18’ et beaucoup de stresse je peux embarquer. Le douanier a été cool et à bien vu mon stresse et ma bonne volonté. Bon l’amis popol m’a bien aidé a resté pres de mes affaires pendant le contrôle car sinon j’embarquait pas.

Arrivée à Athènes le 25/09 vers 15h30 je prends le bus de l’aéroport qui est direct pour l’hôtel x96 et je prends possession de l’hôtel London pour cette nuit avant de rejoindre le FENIX ET LE TEAM France demain. Je profite de la première journée pour visiter en courant Athènes. Au total 27 km de glyfada au centre d’athènes en alternant avec le tram .

Je m’acclimate mais le temps est changeant avec beaucoup de vent et un peu de soleil mais d’après l’organisateur le pire arrive le 28-29/09 avec un cyclone sub tropical.

Le stresse monte chez les coureurs et les accompagnants. Pour ma part en solitaire, j’avais anticipé la météo et j’avais prévus du chaud et des vêtements étanches.

Le mercredi, je prépare mes 3 sacs bags et mes 3 sacs nutritions au cas ou car sans assistance faut tout prévoir même l’impossible. Pas de chaud que de quoi se couvrir et avoir chaud dans mes sac . les pieds au sec vont être le maitre mot et la crème pour les pieds… celle que j’ai eut du mal a passer à l’aéroport de bordeaux.

Le briefing a lieu en 4 langue et nous avons la primeur d’apprendre la présence sur le parcours du cyclone sub tropical zorba «  dit zorba le grecque ».

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Athènes (Acropole, CP 0) --> Corinthe (Hellas Can, CP N°22, km 81)

Le départ a lieu le vendredi à l'aube, au pied de l'Acropole à 7 heures. Un site magnifique que j’ai pu visiter mercredi. Le temps est chargé et à la pluie mais les gouttes tardent à venir. 7 h moins 5 la pluie fait son apparition peu avant le départ. Nous sommes 400 coureurs et les équipes profitent de se moment pour prendre des photos des teams. On sent le stresse d’un départ d’une course d’ultra endurance mais la sympathie et le partage règne malgré la tension d’une si longue épreuve.

Je suis fin prêt, le jour J arrive et je n’ai pas de pression. Je n’ai que seulement 5 à 10 % de réussite mais je compte bien les mettre à profit pour le transformer à 100% et être finisher.

Le départ est donné et je cours avec jean louis vidal ses premiers km. Nous sommes sur les boulevards. Je m’arrête faire pipi de suite après 1km car avec le froid je ne vais faire que cela. Je repars juste derrière la voiture balais et part de l’arrière du peloton. Je rejoints jean louis et nous avons une foulée économique et nous discutons.

 Nous empruntons ensuite la Voie Sacrée (Iera Odos) et je laisse partir jean louis mais je retrouve ana, gérard Seguy et thierry Triconnet ce jusqu'au monastère de Daphni nous allons nous suivre et nous doubler et redoubler dans la bonne humeur et continuent via Aspropirgos jusqu'à Eleusis. Puis ils suivent l'ancienne route vers Corinthe. La circulation est dense et la pluie redouble mais elle est chaude. Le seul inconvénient dans se passage est la circulation bruyante et la pollution qui gène la progression.

Cette zone industrielle à l'ouest d'Athènes est une succession de raffineries de pétrole et autres usines, pas vraiment la carte postale de la Grèce... La pollution, les odeurs de pétrole, et surtout la pluie qui s’intensifie commencent déjà à durcir la course. Vers le km 27 / CP N°6

Nous avançons et je retrouve Eric Derivaz. Nous passons le marathon et la pluie a cessé nous y sommes en 4h25. Je suis bien et ma foulée économique me permet de pas trop laisser de jus. Nous croisons encore les accompagnants des coureurs français au avant-poste comme jbj qui accompagne Yann Stephan et Françoise et Angel qui accompagne gilles. Je croise à plusieurs reprise dimitruis que j’ai rencontré sur la transegaulle 2016. A plusieurs reprises sur le parcours il me sera un fort allié pour redonner espoir.

La route est encore longue. Nous passons à Loutropirgos, puis à Megara juste avant de boucler la distance du marathon. Les paysages est désormais beaucoup plus agréable vers le km 50 mais ravagé par les incendies de cet été. Le soleil est absent et le ciel fait des sienne. On peut observer dans l’eau la formation de cercle qui emmené l’eau en hauteur et oui des tourbillons de vents font leur apparition. Il n'y a pas encore de fort dénivelé, mais la route n'est jamais plate, le pourcentage est toujours en faux plat montant. La vision de la Mer Egée sur la gauche peut donner des envies de baignade... mais aujourd’hui l’aspiration est ailleurs ralliée sparth.

Nous arrivons vers la zone séparant l'Attique du Péloponnèse en empruntant le pont au-dessus du Canal de Corinthe (km 78,5). Peu après (2,5 km), après avoir tourné à gauche on parvient au premier gros poste de contrôle: Hellas Can Factory (CP N°22, km 81). C'est le premier CP où les équipes d'assistance peuvent intervenir.

Peu avant le ravitaillement, je fais la connaissance d’alex un américain avec qui je discute pas mal. Nous passons le canal et la beauté du décor est magnifique. Je me fais une pause-café dans un routier et j’utilise leur toilette car depuis le début. Je cherchais un lieu pour me soulager proprement. Le patron du bar- restaurant est surpris de mon arrêt technique mais je lui explique que je fais la course en solitaire. Il explique alors à ses clients à haute voix le spartathlon et là je vois les yeux s’agrandir et se dire mais ils sont malades. Je repars tranquillement vers mon but et chacun retourne à ses occupations.

Au km 81 je vais faire le choix en ayant de l’avance de me faire massé, par deux physiothérapeutes que je reverrai sur le parcours, et mangé. Ce qui va être salvateur par la suite. J’arrive frais, ne pioche pas et peu m’alimenter correctement. Mon premier sac de replis est au CP 32 avec mes affaires mais ici j’avais mis une paire de chaussette, de la nok et de la nutrition pour porter sur moi. Je profite du ravitaillement solide pour me manger un plat de pate et un yaourt.

Qui va doucement, va surement. Pour l’instant le plan de marche se déroule à la perfection. Que ça continue. Beaucoup de coureurs sont déjà a l’arrêt ou en piteuses état a ce point. Une autre cause d'abandon ici est que ce CP est un véritable piège pour des coureurs fatigués : possibilité de s'asseoir, de se faire masser... Il faut prendre son temps pour l'indispensable, mais repartir sans s'attarder.

 

Barrière horaire du CP N°22 km 81 (Hellas Can) :

  • 16H30 (9H30 de course / 81 km)  , j’arrive a 16h01 et j’en repars a 16h15.
  • Soit 9h15 de course

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Corinthe (CP N°22, km 81) --> Némée (Ancient Nemea, CP N°35, km 124)

Je repars et j’aperçois gérard et éric ensemble avec virginie la fille de gérard qui leur porte l’assistance. Cela fait plaisir de voir des français. Gérard boite et eric est pas au mieux. Je leur souhaite bonne chance et bon courage.

La route étroite continue en direction du sud, puis vers l'ouest pour traverser Examilia puis l'Ancienne Corinthe. Nous passons ensuite à proximité du célèbre site archéologique, ou je croise virginie qui me dit que son papa n’est pas loin derrière. Je trouve le site magnifique et profite de faire quelques rushs.

Je suis toujours avec alex  (l’américain) et on papote pas mal. J’apprendrais qu’il est d’origine française de la région parisienne. Direction maintenant le nord-ouest, la route traverse désormais une région agricole et est bordée de vignes, d'oliviers, de vergers. Mais le temps se dégrade et l’on voit apparaitre de grosse flaque et des route bondé de boue. Le temps en fond vers les montagnes et noir. La météo se dégrade et les routes aussi. Le ciel s’assombries et je continue ma course vers sparth.

Les bords de route sont jonchés de détritus. Je cours seul depuis quelques minutes mais rejoints certain coureur qui alterne le Cyrano.

 Le km 100 est franchi en arrivant à Assos. Je les passe en 11h53 .J’ai 31’ d’avance sur les barrières mais la forme est la et je n’ai pas l’impression de forcer. Nous sommes à peine à 2 kilomètres de la Mer Ionienne. Nous traversons ensuite Zevgolatio avant de se diriger plein sud.

La route s'élève et je retrouve gérard et éric qui me rattrape (de 20 mètres d'altitude à Assos jusque 340 mètres à Némée sur 24 kilomètres) alors que la nuit commence à faire son apparition de bonne heure avec se temps déplorable. Il est à peine 18h30 et la nuit est noir la chaleur n’est pas notre ennemi mais la pluie enfin et il faudra allumer la frontale mais oups je l’ai mise au CP 32. Je fais alors route commune avec éric et quelques coureurs bienveillants ou je m’abrite derrière leur « allo » de lumière pour me guider. Au CP 28, je croise virginie qui vient aux nouvelles et me demande si cela va.

Au CP31 , je croise un grecs qui me porte assistance sur la zone de ravitaillement et me fournis au cul de son coffre de sa voiture un sandwich jambon , tomate fromage . je l’ai remercié 1000 fois en lui promettant une bière à l’arrivée.

J’arrive au CP 32 nous sommes devant un bar restaurant. Je récupère mon matos (chaussures sèche, lampe torche frontale et fait une pause technique pour prendre mes affaires propres dans mon bag. Le lieu est chaud et bien abrité, Je recharge en nutrition avec une bonne soupe chaude au ravito et je repars aussitôt avec éric qui passe à ce moment-là. Jusqu’ici tout va bien juste que je suis trempé jusqu’à l’os mais il ne va pas falloir perdre de temps si le temps se dégrade.

 

Pour finir cette étape, nous arrivons à Halkion et franchissons la moitié de la distance totale avant d'arriver au 2ème gros checkpoint: Némée (km 124) CP35 en 15h43 avec seulement 15’ sur les délai.

 L’orage se fait entendre et fait rage au lopin au loin et la pluie redouble d’intensité. Je quitte eric car je passe devant lui pour mener l’allure car je le vois dans la difficulté, nos chemins se perdront au pied de la grande ascension ou je vais arriver au cp avec 10’ d’avance seulement. La montagne arrive et il va falloir être fort et costaud. Je suis toujours dans les barrières mais la nuit va être cruciale. A ce moment de la course, la pluie est supportable et chaude.

Barrière horaire du CP N°35 km 124  (Ancient Nemea) :

 

  • 23H00 (16H00 de course / 124 km) je passe à 22h 43’55
  •  En 15h43’55 de course

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Némée (CP N°35, km 124) --> Lyrkia (CP N°43, km 148,5) 

Un peu après Némée, la route est peu entretenue, il y a de nombreux cailloux et nids de poule, il faut faire attention dans l'obscurité. Ça descend un peu avant de remonter (+ 150m d'altitude environ) sur un chemin non asphalté. Nous sommes au milieu des vignes et des oliveraies.

Je suis bien dans cette nuit noir et éclairé par des éclairs au loin. Je suis couvert de la tête au pied et bien trempé. Je vois les lampes torches dans la montagne et je me retrouve seul depuis quelques km. Eric n’arrive pas à suivre la vitesse pour être sur les barrières horaires, il souffre. Dans la nuit noire et les pourcentages qui commence à s’élever, j’avance doucement mais surement.

La route, maintenant goudronnée, descend ensuite pour perdre plus de 300m d'altitude, en passant par un des CP les plus animés du parcours : le village de Malandreni CP 41.

Un endroit où l’on sent la vie, des odeurs de grillade et de poisson grillé donne faim. Je me ravitaille en coup de vent et repart à l’assaut de la montagne car il est 2h03 et les barrières sont à 2h20 et 19h03 de course.

J’avance toujours avec la volonté d’un seul but sparth en tête. Le déluge commence ici. Nous entrons plus ou moins dans une course solitaire ici. Nous sommes qu’avec nous même et l’on sent que les gens on peur pour nous car les orages grondent de plus en plus fort et se rapproche de la montagne.

Je ne croise plus grand monde du team France ni eric , ni gérard  et je ne vois plus virginie avec sa voiture. J’évite de me poser des questions inutiles et j’avance. A cette heure-ci, je vais avertir Nathalie que je vais bien et que je coupe tout moyen de communication car les conditions se dégrade a grand pas et que mon téléphone prend l’eau et je sens surtout que s’est l’heure de lâcher prise et me concentrer sur l’essentiel.

Cela remonte déjà un peu avant d'atteindre Lyrkia, fin de la 3ème section au pied de la grosse difficulté que l'on appelle simplement "La Montagne". Il reste un peu moins de 100 kilomètres...

Barrière horaire du CP N°43 (Lyrkia) :

  • 03H00 (20H00 de course / 148,5 km) J’y passerai avec seulement 12’ d’avance vers 2h48
  • Soit 19h48 de course

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Lyrkia (CP N°43, km 148,5) --> Nestani (CP N°52, km 172)

Après Lyrkia (altitude 240m), la route s'élève fortement (près de 850m de D+ sur 13 kilomètres jusqu'au sommet). La route est bitumée jusqu'au CP N°47 "Mountain Base" (altitude 750m).

J’arrive à la base Montain avec un sac de change propre et je le récupère assez vite car j’ai que 10’ pour repartir sauf que la une coureuse étrangère est mal. J’appel le médecin et son entraineur car nous nous doublons et redoublons depuis le 42 eme km . Je me souviens juste de son numéro le 63, elle était déjà pale au 80eme km mais la au CP 47 au 159 elle vomis et est très très pâle mais elle repart. Entre temps je me change et repart avec chaussure, chaussette propre et nutrition chargé à bloc. Il est 5h00 :14 et je repars à l’ascension de la montagne dans le brouillard et je suis dans les derniers.

Je remonte une trentaine de coureurs dans l’ascension car je suis à l’aise et bien.

Les deux derniers kilomètres d'ascension pour parvenir en haut du col appelé Sangas Pass se font sur un véritable sentier de montagne (plus de 300m de D+ sur ces 2 km, certes à priori de quoi faire rire un trailer averti, mais... avec la fatigue accumulée, le contraste de température, et la foulée rasante répétée inlassablement depuis le départ cela peut faire des dégâts).

Des lampes clignotantes indiquent le chemin à suivre. Je me surprends à courir à petit trot. Au sommet (Mountain Top) se trouve un petit PC de montagne. Je prends une soupe, changes mes piles de frontales et repars sans trop m’arrêter car le brouillard et le vent est persistant. Il peut y fait très frais, froid et pluvieux et on voit et entend encore le tonnerre qui gronde de plus en plus fort. Les rescapés qui parviennent en haut viennent tout juste de franchir le cap des 100 miles. Il reste encore 84 kilomètres à effectuer.

Les sensations sont bonnes au sommet mais je ne m’attarde pas et j’entame la descente prudemment a petit foulée économique. La descente en lacets pour rejoindre le village de Sangas (CP N°49) n'est guère plus aisée (plus de 300m de D- sur 3 km) et peut s'avérer douloureuse pour les quadriceps. J’évite la foulée traumatisante car après il y a encore quasiment 100km.

J’arrive dans le village au pied de cette montagne et me dit que le plus technique est passé maintenant sparth n’a qu’à bien se tenir mais le temps et les délais me ramène à la réalité que rien est gagné. Je retrouve mes 2 masseuses dans une église orthodoxe qui procède au massage dans l’édifice ou se sourit si tard est-il ou si tôt. Je les remercie pour leur gentillesse et leur gratitude. On s’embrasse et je repars. Un moment riche en émotion qui regonfle quand on est en solitaire sans assistance. Elle me souhaite bonne fin de spartathlon et à l’arrivée.

Les pieds commencent à me faire mal avec la pluie et je retrouve une paire de chaussette propre et de la nok dans un petit sac d’appoint mis après la montagne qui sera très efficace. Je re-nok et repart petite paire de chaussette nok et deuxième paire pour les frottements ça absorbe bien l’humidité ou du moins me fait disparaitre les douleurs sous les orteils.

Après Sangas, le ruban de bitume reprend ses droits et la route descend ensuite beaucoup moins brutalement jusqu'à Nestani. Les routes sont magnifiques et l’on voit malgré le temps des paysages magnifique avec des petites routes sinueuses qui montent dans des villages perchés avec un arrière-goût de campagne idyllique ancestrale.

Barrière horaire du CP N°52 (Nestani) :

  • 07H30 (24H30 de course / 172 km) arrivé a 7h23 seulement 7’ sur les barrières
  • soit 24h23 de course

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Nestani (CP N°52, km 172) --> Tégée (Tegea - Allea, CP N°60, km 195)

Le jour commence ou est levé. Je me retrouve à avoir froid mais je ne suis pas le seul. Les coureurs sont frigorifiés. J’ai l’impression de doubler des zombies le long de la route. Au bout d’1h, je retrouve la chaleur après un bon thé et café.

Cette section est relativement plane dans la plaine agricole de Tripolis. Le 2ème jour s'est déjà levé pour les coureurs rescapés du gros du peloton, l'aube soit brumeuse, venteuse et humide mais supportable.

Cette portion très linéaire ressemble au paysage de la creuse.

Je double Dean Karnaze l’américain qui est en déroute et avec qui j’échange quelques mots et me souhaite bonne route.

L’atmosphère avec les coureurs est vraiment bienveillante. Je retrouve mon amis américain Alex au 186 mais il est dans un sale état. Il arrêtera ça course ici au CP 58  T JONCTION et je suis bien triste de plus le revoir venir. Je procède à mon nokage de pied et la mise de chaussette sèche pour le s60 dernier km. Je change mon t-shirt et repart sans trop d’arrêt vers 10h10 à 5’ des délais.

A partir du 196, je rejoints un groupe de 5 coureurs après le ravitaillement, nous allons faire une bonne partie de la fin de course ensemble. zorba nous fait dansé mais à sa sauce.

J’ai de bonne sensation depuis quelques km et la sensation de fatigue m’a quitté. Ma foulée est fluide même si elle ne va pas si vite que cela mais je passe tout les check point avec aisance et je prends les choses positive. Tant que mon m’enlèvera pas le dossard, je n’abanderai pas cela est certain.

Ciclone atinge Grécia durante a prova do Spartathlon

Une force me pousse depuis cette nuit et cela n’est pas le cyclone sub tropicale (forme de tempête avec des vent allant de 100 a 150 km/h) mais plus la force des gens qui me soutiennent.

La route traverse une succession de hameaux et le village de Zevgolatio Arkadia. Je signe mes premiers autographes aux enfants des villages traversées. La population est dehors malgré le déluge.

A ce stade, j’ai les pieds qui me brule du au frottement et à l’eau qui s’est écoulé dans nos chaussures depuis le départ car dans certain chemin nous avons eut des torrents mais apparemment le pire est devant nous et au CP 60 on nous demande d’être prudent car nous allons dans la zone la plus turbulente du cyclone.

La route continue sans relief particulier jusqu'à Tegea où il ne restera "plus que" 50 km à parcourir.

Barrière horaire du CP N°60 (Tegea - Allea) :

  • 11H10 (28H10 de course / 195 km) je passe en 11h06 soit 4’ des barrière
  • 28h 06 de course

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Tégée (CP N°60, km 195) --> Sparte (CP N°75, km 245,3)

 

Après Tegea, la route s'élève une dernière fois d'un peu plus de 300 mètres en 22 km.

Je suis dans un bon groupe avec un allemand, deux grecques, une paraguayenne et moi. Nos relais sont efficaces en côte et en descente chacun peu se préserver et donner un maximum pour le groupe et rentrer dans les délais. Les vents forcissent et l’eau ruisselle de plus en plus des torrents mais cette fois il y a des déchets dedans voir de la boue jusqu’à mi cheville. L’avancé devient pénible avec des rafales tournoyantes ( un coup le vent et la pluie son froide et 10’ après la pluie est chaudes et des rafales de face)

Les coureurs traversent les villages de Kamari et de Manthirea (CP N°62, km 202,1) où la route pavée serpente à travers un paysage verdoyant s'étendant à perte de vue. Mais la méteo nous malmène de plus en plus et la circulation reprends de plus en plus. Les montées au col sont de plus en plus pénibles et ils nous en reste 2. Je gère tant bien que mal et avec karina rios ( paraguay ) et diego piris slater son entraineur et amis notre duo ou trio se passe bien et l’entente malgré le manque de parole se fait comprendre. L’arrivée à sparth n’est que la seule solution.

Dans la tourmente des vents nous avançons. Diego me donne un sandwich au ravito du 216 car il voit que je pioche. Le cyclone redouble et la je trouve la compagnie d’un chien voyageur qui me suivra jusqu’au cp 69 227 eme km. Pourquoi est il la que fait il a me suivre .. ? est une protection de Poséidon ou de Eole dans la tourmente. L’allemand lui jette des cailloux. Je lui dis qu’il n’est pas méchant on verra ou il nous suit. Il nous suivra pendant 40 km.

 

 

https://www.facebook.com/RomagnaRunners2015/videos/151141879164695/

Depuis quelques km c’est l’enfer sur terre 2’ à attendre que les vents passent au pique de la rafale avec les pieds en quart et 10’ à courir le temps que les rafales s’estompent. Des coulées de boues et les camions pétroliers nous passent à raz les étiquettes avec des gerbes d’eau comme si on prenait une grosse claque. Le combat est inégale, je me demande combien d’heure cela va encore durée car cela fait 4-5h que l’on affronte ce démon.

Le col se profile mais je vois m’éloigner karina mais je recolle en haut du col. Son entraineur vient prendre des nouvelles en voitures mais je lui dit de faire leur course mais il tient à me porter de l’aide car j’ai été un bon allié avec ça coureuse ;

Les 28 derniers kilomètres sont quasiment en descente dans la vallée de l'Evrotas à part une légère remontée au niveau du dernier gros CP (Monument, CP N°69, km 227,5). Nous avons au moins 30 personnes qui attendent me bus frigorifier. Je retrouve la fille du président du sparth qui me voit dans la souffrance. Je n’ai plus la force mais le médecin de la course me dit quelques mots qui me porteront jusqu’à sparth. Je vois partir karina et je ne la reverrai plus

La route plonge ensuite vers Sparte. Les lacerts sont interminable et l’eau j’en peux plus … ça fait splash splash splash. Je retrouve même à 10 km les pompiers, les pelleteuses qui commence a vouloir déblayer les coulées de boues. Je n’y vois plus rien, ni fléchage, ni route. Je vais à droite ensuite à gauche . Un mec me double accompagné de sa voiture bien à l’abris.

Après le village de Voutiani (CP N°72, Gas Station, km 236,2), les coureurs apercevront enfin leur objectif : Sparte. Mais je me demande ou est la ville et encore 4km … je fonce, je vois mon rythme a 6’50 au km. Je n’ai pas recouru aussi vite depuis le km 120-130.

J’arrive dans sparth plus aucun balisage, je ne trouve pas le CP 74 avec mon drapeau, mon maillot et mes sandales mais un rayon de soleil perse. J’arrive donc dans sparth sonné mais toujours dans les délais. Après moulte question ou est Léonidas à une station-service, à un automobiliste, j’arrive dans la dernière ligne droite qui mène a la statue

Après avoir franchi la rivière Evrotas (CP N°74, Evrotas Bridge, km 243,5), ou le pont est gorgé d’eau jusqu’à mi mollet, et là les valeureux concurrents, sont désormais accompagnés par des enfants à vélo mais personne. La ville ressemble a une champ de poubelle et pas l’ombre du ravitaillement a 2.5 km de l’arrivée…

Et c'est enfin la délivrance au pied de la statue de Leonidas après 245,3 km et un peu (ou beaucoup) moins de 35 heures 55 d'efforts. Je retrouve dimitruis qui a suivis ses coureurs grecs et que j’ai vu tout le début de la course jusqu’à la tombé de la nuit et au petit matin qui m’a supporté comme un ami.

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Je lui tombe dans les bras il me félicite. Je lui donne ma caméra pour filmer tellement ma joie est immense et le plaisir qu’il soit là après la transegaulle 2016 ou nous avons partager énormément sur les routes.

Et puis au détour d’un café j’entends une, deux, trois voix françaises et qui je vois, Françoise, ana et ça fille avec une partie de la délégation française. Tout ce là en quelques secondes. L’émotions montent est forte et je tombe dans les bras d’ana en sanglot.

Françoise me félicite en me glissant quelques mots qui m’ont touché. Je repars dans les bras d’ana franchir cette ligne ou du moins ce qu’il en reste car c’est la guerre.

Kostis m’accueille et me glisse que je suis un phénomène, je l’ai terminé et je suis bien heureux.

Je respect le petit protocole car il est limité. Il n’y a plus de couronne d’olivier. J’aurai juste la chance de boire l’eau, embrasser les pieds de Léonidas en ça mémoire et de recevoir par la municipalité de sparth le trophée.

Je franchis donc cette ligne avec grande émotion et joie. Je suis dans un état convenable en ayant respecté mon plan de marche et mes allures sans me mettre en danger avec cette météo… je savoure, j’ai le regard hagard et je pense à tout le chemin parcouru avant, pendant et maintenant.

Barrière horaire du CP N°75 (Sparte) :

  • 19H00 (36H00 de course / 245,3 km)  35h53’ 235 eme sur 238 coureurs classés _410 Partants

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Nous filons au soin et recevoir le t-shirt finisher, je ne resterai pas longtemps sur la ligne. Ana et sa fille me ramène à l’hôtel a 30 -40 km de sparth s’est un peu le panthéon des morts vivant. Après une douche un massage les gambettes sont raide mais vont mieux (merci ana).

Les coureurs marchent en canard. Je ne suis pas trop abimé par rapport à certain. Je monte prendre ma douche, savouré et aller rejoindre les autres coureurs français autour de la table vers 21h.

Ma nuit durera 3-4 h et je descend prendre un café, dur avec l’adrénaline de trouver le sommeil alors j’ecris .

Le lendemain, la ville de sparth nous accueille pour un repas et un pot dans une salle et nous retournerons par la suite à Athènes pour la cérémonie avant de repartir en France .

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Le spartathlon ne se court pas… se vit... tout simplement.

Cette aventure se passe de mot. Nous traversons des émotions qui apportent une richesse intérieure inestimable. Elle nous traverse ou transcende. C’est une course hors norme qui nous transporte hors du temps. L’organisation sans faille avec la présence des meilleurs coureurs de la discipline d'ultra fond tout confondu si humble soit il est impressionnant… le but est seulement de toucher le pied de la statue de Léonidas depuis l’Acropole d’Athènes. S’il y parvient, et quel que soit son classement, il recevra alors pour seul récompense une couronne d’olivier et une coupe d’eau fraîche. Le Spartathlon est une course à part, baignant dans l’esprit originel de l’olympisme.

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cette année nous somme 9 coureurs français à avoir franchis la ligne d'arrivée à sparth.

Les 10 nations les plus représentées à l'arrivée :
JAP 35/53
GRE 25/58
HUN 19/24 (79%)
GER 17/29
GBR 16/25
CZE 15/15 (100% et 7 coureurs en moins de 30h)
ITA 12/16 (75%)
USA 11/16
FRA 9/14
FIN 7/12

merci à tous du soutiens car cette aventure fut épique en 35h55 sur le fil du rasoir mais au final spartathlète.

Je tenais a remercié tout le soutient ma femme, ma fille celya ( qui ont du me supporter, les foulées du lavoir et phillippe , les coureurs , les accompagnants , mes amis qui ont du me porter et trouver le temps long entre le cp 60 et l’arrivée , plus de 10h, mes détracteurs , mes supporter sur la route, les rencontres sur cette même route, dimitruis , ana et sa fille , jean louis vidal de m’avoir supporté 6 jours non-stop, bob miorin ( pour ses conseils avisés) , francoise, gilles , angel et tout ceux qui mon aidé lors de ses 3 -4 mois avant l’épreuve à l’entrainement ou en dehors , sylvain de RRUN pour l'acceuil avant le départ et après, les participants de ma cagnotte participative ainsi qu'au coureurs de fond déolois ( mon club) a qui je répondrai individuellement mais laissé moi le temps car ce nuage je veux qu’il m’accompagne longtemps.

Le spartathlon on y vient et on en revient changer et je l’espère j’y reviendrai avec d’autre ambition que le finisher mais déjà avoir un dossard est difficile et en plus finisher est un luxe qui se mérite et je l’ai mérité me semble-t-il et le savoure, le délecte.

Pour info seulement 155  français l’on terminé en 36 Editions ( 146 hommes + 9 femmes )  source: JBJ.

J’ai la chance et l’honneur d’être dans se palmarès au panthéon des coureurs d’ultrafond

Comme l’affirme les puristes s’est le Graal de l’ultra fond. Le free running a de long jour devant lui et moi avec.

Car on avance en respectant son corps et si l’on ne se respecte pas sans respecter l’épreuve on ne la termine pas. Celle-ci m’a donné du fil a retordre mais j’ai pris un maximum de plaisir (peut être 1h ou 2 sur 36 h ou je me suis demandé ce que je foutais la mais ça va).

 

«  rien ne nous emprisonne excepté nos pensées,

 

                                                                                  rien ne nous limites exceptés nos peurs …

 

                                                                                    et rien ne nous contrôles exceptés nos croyances »

 

Nous sommes le maître de notre vaisseau qui est notre corp, le vecteur qui nous dit tu es en vie, vas, vis et deviens… et ne te laisse pas marché sur les pieds surtout par des ignorants jugeant ta condition et ton être … avançons car même avec 5% de chance de réussite tu peux aller au bout avec ce qui t’entoure faut juste y croire…

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spartathlon 2018 - film william dossard 378

 

Matériel utilisé lors de la course :

Départ JUSQU'AU  KM 126 :

               T SHIRT MANCHE COURTE RAIDLIGHT ULTRA LIGHT 

                VESTE SANS MANCHE POLI ( coureurs de fond deolois)

                MANCHON BROOK BRAS

                CHAUSSETTE KALENJI  LONGUE

                BAGGY SHORT KALENJI TRAIL 

                CHAUSSURE KALENJI LD BLEU ET JAUNE ( paire 1 )

OPTION PLUIE sur moi au départ  - veste étanche raidlight, porte dossard etanche raidlight , plus nutrition ( barre, noix de cajou, etc..)

 

KM 126 au km 168 ( montagne) :

               T SHIRT MANCHE longue RAIDLIGHT ULTRA zip bleu 

                CHAUSSETTE KALENJI  LONGUE ( paire 2 )  + petite paire de chaussette fine dessous et nok des pied toute les 4 h.

                BAGGY SHORT KALENJI TRAIL + CORSAIRE 3/4 BROOK SOUS LE SHORT

                CHAUSSURE KALENJI LD BLEU ET JAUNE ( paire 2 ) 

OPTION PLUIE sur moi au départ  - veste étanche raidlight, porte dossard etanche raidlight , plus nutrition ( barre, noix de cajou, etc..)

 

KM 168 au km 247 ( arrivée ) :

               T SHIRT MANCHE longue RAIDLIGHT ULTRA zip bleu ( pas changé de tenue)

                CHAUSSETTE KALENJI  LONGUE ( paire 3 )  + petite paire de chaussette fine 2 raidlight dessous et nok des pied toute les 4 h.

                BAGGY SHORT KALENJI TRAIL + CORSAIRE 3/4 BROOK SOUS LE SHORT

                CHAUSSURE KALENJI LD rouge et noir ( paire 3 ) 

OPTION PLUIE sur moi au départ  - veste étanche raidlight, porte dossard etanche raidlight , plus nutrition ( barre, noix de cajou, etc..)

 

 

PHOTOS ORGANISATION ICI